« À deux c'est mieux, non ? » est un seul-en-scène qui commence comme une déclaration d'amour à l'ego, au théâtre et aux grandes ambitions... avant de doucement tirer le tapis sous les pieds de son propre héros.
Victor débarque sur scène, sûr de lui, bavard, drôle, parfois un peu trop, et surtout convaincu que « quoi de mieux que de me connaître dans mes moindres recoins, non? ».
Entre autodérision, clash frontal avec une voix contradictoire (très présente), et confidences déguisées en blagues, la pièce joue avec les codes du stand-up, du théâtre et de la confession. On rit beaucoup dans la première moitié, souvent parce que Victor parle trop, se contredit, s'emballe... et qu'il le sait très bien.
Mais derrière l'humour, les vannes et la musique, quelque chose se fissure peu à peu. Les thèmes glissent sans prévenir : le regard des autres, la peur de décevoir, la solitude, le besoin d'être aimé. Sans jamais appuyer là où ca fait mal, la pièce laisse entendre qu'il y a peut-être plus qu'un simple show narcissique.
Un spectacle vivant, rythmé, sincère, qui commence comme un feu d'artifice d'autodérision et qui pourrait bien, sans crier gare, toucher là où on ne l'attend pas. Parce qu'au fond... à deux, c'est peut-être vraiment mieux.