Les matériaux employés dans son travail
Matériaux ordinaires, empruntés au bâtiment et à l'industrie : plâtre, résine, cire, ciment, bitume, goudron, verre, fibre de verre, carton, plastiques. Il choisit ceux qui changent d'état, qui passent du liquide au solide. Il ne dessine pas une forme à l'avance pour la fabriquer ensuite : il laisse la matière prendre forme et garde la trace de ce moment. Moulage, empreinte, projection et coulée sont ses gestes principaux.
Les Cassables
C'est sa série la plus connue, commencée en 2005.
Ce sont de grandes sculptures en plâtre sans armature, projeté sur un support souple et construites sur place pendant l'exposition. À la fin, elles sont détruites.
Il n'en reste que des photographies et des textes.
Son oeuvre dans la collection du Frac Sud
Sans titre (Encre flottante), 2013. Goudron sur mélaminé, près de 2 m sur 2 m. L'artiste a répandu une pellicule de goudron à la surface d'un bassin rempli d'eau, puis l'a relevée par contact. C'est une image obtenue sans appareil, comme une photographie tirée directement de la matière.
La photographie occupe une place particulière dans son travail. Il dit entretenir avec elle « un rapport contrarié ». Elle l'intéresse par sa puissance dans la culture de masse et par l'influence qu'elle exerce sur la sculpture depuis son invention. Il se sent plus proche des expérimentateurs comme Man Ray ou Raoul Hausmann que de l'image parfaite. Depuis ses études, il accumule des photographies documentaires de situations et d'objets, et il en choisit souvent une pour le carton d'invitation de ses expositions.
Surtout, il voit une parenté profonde entre la photographie et le moulage : dans les deux cas, une surface enregistre la trace d'un contact. Le critique Fabien Faure a appelé ses œuvres des « empreintes-durées ». Arnaud Vasseux y explore, selon ses mots, « la concordance et la complicité ancienne de la photographie et du moulage longtemps réputés, l'un et l'autre, impurs ». Encre flottante en est l'exemple le plus direct : une image qui n'a pas été prise, mais relevée.
Le Frac l'a achetée directement à l'artiste en 2013. La même année, le Frac et le Cirva organisaient ensemble l'exposition « Caché derrière les apparences », à laquelle il participait. En 2019, le Frac a de nouveau présenté l'œuvre au centre d'art du Domaine de Fontenille, à Lauris, dans l'exposition Bassin. Arnaud Vasseux y dialoguait avec des œuvres de trois artistes femmes de la collection, photographes entre autres.
La relation avec le CIRVA
De 2011 à 2013, il a été en résidence au Cirva, le Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques, à Marseille. Il y a travaillé le verre en fusion avec la même démarche que le plâtre ou la résine. Le Cirva conserve plusieurs pièces issues de cette résidence.
À quels artistes peut-on rapprocher son travail ?
Eva Hesse, Lynda Benglis et Richard Serra (ses plombs projetés de 1968) pour la matière coulée et le geste qui laisse une trace.
Rachel Whiteread et Bruce Nauman pour le moulage des espaces vides.
Giuseppe Penone pour l'empreinte comme mémoire du contact.
Toni Grand et le mouvement Supports/Surfaces, très présent entre Nîmes et Montpellier, pour l'attention aux matériaux et à la manière dont l'œuvre est faite.
Plus près de nous, Linda Sanchez, Baptiste Croze et le duo mountaincutters, qu'il a lui-même exposés à Nîmes.
Quelques collections publiques dont ses oeuvres font partie
Frac Occitanie Montpellier (ex-Frac Languedoc-Roussillon), Frac Limousin, Cirva (Marseille), musée des Beaux-Arts de Nantes, musée Réattu (Arles), domaine de Kerguéhennec, Fonds communal de la Ville de Marseille, artothèques de Strasbourg, du Limousin et du Lot, Open Sky Museum.
Ses œuvres sont aussi dans de nombreuses collections privées.
Ses expositions marquantes
Des creux étendus (2013) et Physique des surfaces (2015), galerie White Project, Paris
Continuum, murmure, domaine de Kerguéhennec (2013)
Du double au singulier, Frac Languedoc-Roussillon et musée archéologique Henri Prades, Lattes (2017)
Les conversions de l'eau, galerie AL/MA, Montpellier (2018)
Poisson cathédrale, Les Instants Chavirés, Montreuil (2020), une exposition inspirée de trois chorégraphies de Pina Bausch, Odile Duboc et Boris Charmatz
d'où l'on parle, Mécènes du Sud, Montpellier (2025), après une résidence dans un cabinet d'avocats
Ici en deux, galerie AL/MA, Montpellier (2025)
Parmi ses expositions collectives, il a participé à Une maison de verre au musée Cantini (2017) et à Bricologie à la Villa Arson, Nice (2015).
Principales publications
Arnaud Vasseux. Pièces non balayées, Les presses du réel / Analogues, 2019, 160 pages, bilingue. C'est la référence sur les œuvres éphémères. Textes de Philippe Cyroulnik, Olivier Kaeppelin, Fabien Faure, Sally Bonn, Emmanuel Latreille, François Durif et de l'artiste.
Arnaud Vasseux, Les presses du réel / Analogues, 2011. Monographie avec des textes de Cédric Loire, Fabien Faure et Mathieu Provansal.
Arnaud Vasseux, Le 10 Neuf, Crac de Montbéliard, 2006. Textes de Frédéric Valabrègue et Joëlle Zask, entretien avec Philippe Cyroulnik.
Catalogues d'exposition : Continuum, murmure (Kerguéhennec, 2013), Du double au singulier (2017), Poisson cathédrale (2020).
Poura-t-on acheter des oeuvres à l'occasion de la visite ?
Oui. L'artiste présentera une sélection d'œuvres disponibles, dont des œuvres sur papier et des petits formats.
L'actualité qu'il prépare
Il participe à l'exposition Les Beaux Jours à la galerie AL/MA, à Montpellier, jusqu'au 20 janvier 2027. Il prépare une exposition au Centre international d'art et du paysage de l'île de Vassivière dont il évoquera les détails pendant la visite.