« Vive la liberter »
Cette phrase, reproduite telle quelle, se situe juste au-dessus de l’entrée de la ferme d’Albert, un « petit fermier », rejeté par sa famille et presque tout son village, qui nous ouvre les portes de sa maison et de son coeur. Albert va faire l’objet d’une saisie judiciaire parce qu’il n’a pas respecté l’obligation de verser la pension alimentaire à sa femme et ses enfants. Ce film redonne voix et dignité à un homme qui « n’a eu que son courage et ses deux mains pour vivre », mais cette voix n’est plus entendue par la société dans laquelle il vit.
Le réalisateur Jean-Jacques PÉCHÉ nous raconte l’histoire d’Albert selon de multiples points de vue : les voisins qui le considèrent comme fou, la voisine qui le regarde toujours de loin, avec méfiance, mais aussi le maire du village voisin qui fait preuve d’une grande humanité tandis que le curé se retranche derrière la vindicte populaire. Au terme de ce panorama des voix du village, c’est finalement Albert lui-même, qui va s’ouvrir et se raconter face à la caméra, pour nous parler justice, amour, amitié et ”liberter", avec des mots d’une incroyable justesse.
« Quand vous avez l’amour et la vérité, la justice est là, elle vient d’elle-même. »
Jean-Jacques PÉCHÉ a créé l’émission FAITS DIVERS à la télévision belge RTBF, une émission qui entendait raconter la société « à travers ceux qui la vivent, et non ceux qui la dirigent ». Cette émission a connu un énorme de succès pendant 11 ans. Jean-Jacques est réalisateur de documentaires, il a enseigné la réalisation documentaire à l’INSAS et à la Haute Ecole de Bruxelles, la HELB.
A travers ce film, Jean-Jacques affiche un regard bienveillant, plein de sensibilité, dans une approche où, comme il aime à le répéter « l’œil, le cerveau et le coeur sont sur la même ligne de mire.» (expression d'Henri Cartier Bresson).
Le film Une Saisie, réalisé en 1975, soulève des réflexions qui sont toujours d’actualité.