Dans le dialogue intime des cordes et de la voix, Leïla Mendez et Raphaël Dumas font surgir une Méditerranée habitée de mémoires. Autrice, compositrice et interprète, Leïla porte un double héritage, séfarade par sa mère née à Tunis et kabyle par son père. Fondatrice du groupe Yaïa, elle explore depuis plus de dix ans les musiques judéo-méditerranéennes, du judéo-espagnol à l’arabe. D’une rive à l’autre, de l’Espagne à l’Orient, romances et berceuses dessinent le voyage d’un peuple et la trace des femmes qui en ont transmis la mémoire vivante. Guitare et mandoline accompagnent cette traversée sensible, à découvrir le 11 octobre à Marseille, à l’invitation du FSJU.Duo rencontre entre les cordes de Raphaël Dumas et celles de Leïla Mendez.
Spécialiste des musiques juives méditerranéennes, Leïla Mendez est autrice, compositrice, chanteuse et pianiste. Sa musique porte un double héritage culturel, celui de sa famille maternelle d'origine sefarade - sa mère est née à l'Ariana, en Tunisie – et celui de son père, kabyle algérien.
En 2013, elle fonde le groupe Yaïa aux côtés du guitariste et percussionniste Michel Taïeb. Un premier titre, Dror Yikra, sorti en EP, annonce l'album Annette de mare a hija, un répertoire remarqué de mélodies judéo espagnoles qui accompagne le témoignage bouleversant d'Annette Cabelli-Florentin, rescapée d’Auschwitz, l'une des dernières personnes vivantes dont la langue maternelle est le judéo-espagnol.
En 2023, avec le soutien du Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (Paris), elle crée Mon coeur en arabe, un répertoire de compositions, mythiques ou oubliées, qui témoigne d’une époque où les Juifs d’Afrique du Nord parlaient, rêvaient et chantaient en arabe. Elle prépara actuellement Mektoub ya Orti ! un nouveau projet, entièrement en langue arabe, sur les Cheihkas judéo-arabe, ces chanteuses populaires issues des communautés juives d'Afrique du Nord.
Leïla chante en hébreu, darija (arabe dialectal marocain), judéo-espagnol, grec et bosniaque.
Pour le concert du 11 octobre au FSJU de Marseille, Leïla propose un répertoire de romances et berceuses des deux rives de la méditerranée en suivant un des chemins de la diaspora : de l'Espagne jusqu'en Grèce et en Turquie. Un répertoire séculaire porté par les femmes, particulièrement par le peuple hébreu dont l'influence musicale agit comme un pollen sur le bassin méditerrannéen. Ces voix sont parvenues jusqu'à nous et racontent aujourd’hui encore une Méditerranée profondément métissée.
Entre guitare et mandoline Raphaël, musicien complice, accompagnera la voix de Leïla sur ces chansons douces et rugueuses, anciennes et nous parlent encore aujourd'hui. Car “les langues ont la faculté de ressusciter les corps” nous dit Erri de Luca.