Le plus souvent, l’art ne rejette pas la technologie, mais s’en empare pour en révéler les enjeux sociaux, esthétiques et politiques, à rebours du discours techno-libéral dominant. L’approche artistique s’inscrit alors dans une filiation critique, nourrie par les contre-cultures (hippies, punks, électroniques) et les mouvements technocritiques (François Jarrige, Langdon Winner, Neil Postman) de désobéissance numérique (Jean Paul Fourmentraux). En transformant l’atelier en fabrique numérique (Fablabs, hackerspaces, Artlabs), ces artistes développent des espaces de production alternatifs où la technique devient outil d’autonomie. Ils y défendent des pratiques collectives et émancipatrices, en lien avec les valeurs du DIY, du hacking ou de l’open source (Pekka Himanen, L’éthique hacker). Leurs œuvres mêlent en effet des savoir-faire technologiques et artisanaux, intégrant parfois des dimensions rituelles ou magiques en écho aux imaginaires ésotériques ou cyberpunk. Ce séminaire propose d’interroger ces démarches revendiquant une ré-humanisation de la technologie, en réaffirmant l’imaginaire comme moteur de résistance et de création.
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