* Invite *
RYBN.ORG
HUMAN COMPUTERS. Une histoire de l’informatique laborieuse
Qu’est-ce que l’Informatique Laborieuse ? C’est le nom que RYBN.ORG donne à l’Intelligence Artificielle et aux processus informatiques qui incorporent du travail humain, faisant de cette industrie le nouveau laboratoire du management. C’est l’une des conclusions de l’enquête Human Computers, que le collectif mène depuis 2013, et qui vise à démêler l’enchevêtrement qui s’est noué entre informatique et capitalisme, avec l’organisation du travail pour prisme d’analyse principal. L’hypothèse est la suivante : le travail humain n’est ni obsolète, ni même une béquille provisoire dans l’attente de cette autonomie, partielle ou totale, dont l’informatique nous fait la promesse, mais se trouve structurellement au cœur des processus automatisés, et ce, depuis la toute première manufacture de calcul de Gaspard de Prony en 1793 jusqu’aux grands modèles de langage actuels.
Le texte "Human Computers", paru aux éditions UV en 2026, est complété d'une seconde partie, "Les Six protocoles d’autodéfense permacomputationnelle face l’Informatique Laborieuse", qui propose une boîte à outils d’expérimentations visant à rompre avec l’IA, en s’attaquant à sa géopolitique extractiviste, sa logique algorithmique, ses formes d’apprentissage réductionnistes et sa technovlangue.
Thématique du séminaire
Le plus souvent, l’art ne rejette pas la technologie, mais s’en empare pour en révéler les enjeux sociaux, esthétiques et politiques, à rebours du discours techno-libéral dominant. L’approche artistique s’inscrit alors dans une filiation critique, nourrie par les contre-cultures (hippies, punks, électroniques) et les mouvements technocritiques (François Jarrige, Langdon Winner, Neil Postman) de désobéissance numérique (Jean Paul Fourmentraux). En transformant l’atelier en fabrique numérique (Fablabs, hackerspaces, Artlabs), ces artistes développent des espaces de production alternatifs où la technique devient outil d’autonomie. Ils y défendent des pratiques collectives et émancipatrices, en lien avec les valeurs du DIY, du hacking ou de l’open source (Pekka Himanen, L’éthique hacker). Leurs œuvres mêlent en effet des savoir-faire technologiques et artisanaux, intégrant parfois des dimensions rituelles ou magiques en écho aux imaginaires ésotériques ou cyberpunk. Ce séminaire propose d’interroger ces démarches revendiquant une ré-humanisation de la technologie, en réaffirmant l’imaginaire comme moteur de résistance et de création.
Partenaires
AMIDEX TIGER-France 2030 - Référence projet : ANR-25-IDTFR-62
AMU - Aix-Marseille Université - CNE / LESA
Master Arts, Création numérique
Biennale CHRONIQUES 2026