Avec : Philippe Askenazy – Jacques Attali – Stéphane Audoin-Rouzeau – Roselyne Bachelot – Anne-Charlène Bezzina – Sylvain Bourmeau – Marine Braud – Romane Brisard – Barbara Cassin – Johann Chapoutot – Patrick Cohen – François Cusset – Frédéric Dabi – Gérard Davet – Alizée Delpierre – Adrien Dénouette – Jérôme Fourquet – Emmanuel Guérin – Clémence Guetté - Nicolas Hazard – Loïc Hecht – Claire Hédon – François Heisbourg - Mélina Huet – Eva Illouz – Frédérique Kaba – Etienne Klein – Camille Kouchner – Magali Lafourcade – Marc Lazar – David Le Breton – Thomas Legrand – Fabrice Lhomme – Laure Limongi – Rémy Marion – Dominique Méda – Arnaud Miranda – Dominique Moïsi – Marie-José Mondzain – Michel Munier – Julie Neveux – Nicolas Offenstadt – Monique Pinçon-Charlot – Frédéric Pommier – Florence Porcel – Philippe Pujol – Riss – Maurice Ronai – Sandrine Rousseau – Colombe Schneck – Marc-André Selosse – Nesrine Slaoui – Sébastien Soriano – Jérôme Sueur – Laurence Tubiana – Marion Van Renterghem – Jean Viard – Sylvain Waserman
Crise écologique, retour de la guerre en Europe, résurgence des impérialismes, démocraties mises à l’épreuve par des pouvoirs et des tentations autoritaires, mainmise de l’Intelligence Artificielle et du numérique sur notre quotidien, accroissement des inégalités, libertés toujours plus bafouées, violences exacerbées …
Nous voici une nouvelle fois immergés dans le présent par des crises qui se superposent et se répètent.
A tel point d’ailleurs qu’on ne peut plus vraiment parler de crises, mais d’un état permanent qui, pour beaucoup, nous plonge dans la déprime et rend difficile toute projection dans l’avenir, a fortiori chez les plus jeunes.
La situation n’est pas uniquement conjoncturelle : le progrès, moteur depuis les Lumières de l’émancipation individuelle et collective, est aujourd’hui contesté. Les institutions académiques, politiques, scientifiques et médiatiques sont, à l’ère des réseaux sociaux et des fake news, challengées par une post-vérité qui, partout, s’insinue toujours un peu plus profondément.
Face au chaos du monde, ou les soubresauts qui donnent la sensation de s’en approcher dangereusement, beaucoup se sentent impuissants et cherchent des solutions pour mieux vivre. Non pas pour dominer le réel, mais pour l’accepter, le comprendre, cheminer avec lui et, ainsi, considérer l’avenir avec davantage d’acuité.
Car nous pouvons modeler l’avenir comme nous le voulons : il est aussi un récit auquel on adhère, l’objet d'une imagination et d’un affect, pour le meilleur et pour le pire, et va guider notre action vers l'utopie ou la dystopie.
Il n’est jamais neutre et pas davangage l’objet d'une prévision ou d'une prédiction scientifique seules, bien que la science soit absolument essentielle pour se rapporter à l'avenir.
En effet, ce dernier est aussi l'objet d’affects, ceux de l'espoir et de la crainte, qui nous rapportent subjectivement à l'avenir en tant que nuisible ou bienfaisant.
Mais ces expériences individuelles, aussi profondes soient-elles, ne suffisent pas. L'imagination de l'avenir est avant tout une tâche collective. Face à une épreuve, même individuelle, des cadres communs sont nécessaires pour se représenter l'avenir. Les psychanalystes nous montrent que pour avoir un rapport à un avenir possible, il faut le soutien d'autrui. La politique nous montre que pour qu'il y ait un avenir, il faut un cadre historique, un cadre commun, pour les humains et pour la planète entière.
C'est ce cadre même que Jacques Derrida appelait la démocratie, en parlant d’une "démocratie à venir". Ce n'était pas seulement l'espoir d'une utopie démocratique, mais la condition démocratique de tout avenir possible.
Aujourd'hui, l'avenir est forcément commun, les ennemis - dont on perçoit, à tort ou à raison, qu’ils sont toujours plus nombreux - doivent apprendre à coexister sur un même territoire, même après la guerre, même après un génocide.
Il faut apprendre à construire un avenir commun face au risque. Mais pouvons-nous encore penser l’avenir et, à travers lui, panser le monde et les nombreuses crises qui le traversent ?
Disposons-nous des ressources communes nécessaires pour faire face aux périls de toutes sortes qui se présentent à nous, quelle que soit l’échelle à laquelle on se réfère, personnelle et intime, nationale, européenne ou mondiale ? Ou en conclure ce que disait avec un certain cynisme Paul Valéry : « L’avenir n’est plus ce qu’il était » ?
C’est cet entrelacs d’interrogations qu’il nous apparaît intéressant de questionner, justifiant selon nous que l’on en explore les innombrables complexités, avec hauteur et discernement, en retrait des agitations qui, parfois, polarisent et empoisonnent le débat public.
Pour la huitième édition du Forum Latitude, la librairie 47°Nord et l’association LatitudeS tenteront, une fois encore, de vous offrir un espace de discussion et de partage permettant de faire l'état des lieux de cette problématique. Ce Forum, qui se tiendra les 27, 28 et 29 novembre chez nos fidèles partenaires et amis de Motoco, a pour ambition de réunir les acteurs et actrices de la vie intellectuelle et culturelle impliqués par les questions qui le composeront.
La pluralité des opinions doit permettre de confronter les points de vue dans une démarche bienveillante et constructive, avec pour objectif d'ouvrir des pistes de réflexion et dresser un panorama non exhaustif - car tant d'autres sujets pourraient être abordés - de cette problématique.
Au final, ce sont une vingtaine grands entretiens ou tables rondes qui se tiendront sur trois jours avec une soixantaine d'intervenants, des philosophes, sociologues, écrivains, historiens, scientifiques, artistes, responsables politiques, journalistes ou militants associatifs. Nous vous proposons de découvrir ci-dessous le programme de ces trois journées, lors desquelles vous pourrez également profiter d'un espace bar/restauration en continu.
Pour la première fois depuis 2018, nous sommes contraints de faire évoluer l'organisation de la billetterie et les tarifs.
Pour la première fois, en 2025, le Forum s'est déroulé à guichets fermés. Le pass 3 jours, offrant un tarif préférentiel pour l'intégralité des tables-rondes, n'assurait pas, pour autant, l'affluence complète de chacune d'entre elles, empêchant des personnes intéressées d'y assister. C'est pourquoi ne seront désormais plus vendus que des billets journaliers, et à un euro symbolique pour les tarifs réduits, afin d'offrir à notre organisation une meilleure visibilité sur l'accès et l'affluence à chacune des trois journées, et permettre ainsi au plus grand nombre possible d'y participer.
Les nombreux frais engagés à cette occasion nous contraignent, depuis la deuxième édition de l'événement mais de manière exceptionnelle - alors que nous faisons toujours le nécessaire pour assurer la gratuité de nos événements - à rendre payant l'accès à celui-ci. Ces frais augmentent sans cesse et ne permettent plus d'assurer la pérénnité à terme de ce rendez-vous. Nous nous trouvons par conséquent dans l'obligation de demander, par effet ricochet, un effort supplémentaire à chacun(e), sans quoi cette nouvelle édition ne pourrait avoir lieu.
Il sera également proposé, à celles et ceux qui le peuvent et qui souhaitent soutenir notre initiative et participer à l'inscrire dans la durée, une tarification libre à la journée.
Nous vous remercions pour votre compréhension, votre fidélité et votre soutien précieux.