Tu montes sur scène, tu joues, tu sors… et parfois, avant même d’avoir vraiment respiré, le commentaire intérieur arrive :
“C’était nul.”
“J’ai servi à rien.”
“J’ai encore tout foiré.”
Ce discours-là, beaucoup d’improvisateur·rices le connaissent.
Il peut prendre toute la place : avant la scène, pendant la scène, après la scène. On veut bien faire, on se surveille, on se compare, on s’excuse presque d’être là. Et au lieu de jouer, on passe son temps à mesurer si ce qu’on fait est assez bien.
Ce stage ne sert pas à fabriquer de “meilleures impros”. Il sert à changer ton rapport à ton propre jeu.
À arrêter de juger chaque choix au moment où il apparaît. À prendre ta place sans te justifier. À assumer une proposition même fragile. À retrouver du plaisir, de la présence, et une forme de fierté qui ne dépend pas d’une impro parfaite.
Le cadre de travail sera notamment celui du H2S :
Happy — être content·e d’être là, et le montrer.
Healthy — improviser sainement, sans se faire violence.
Sexy — donner envie d’être regardé·e, simplement par une présence assumée.
L’objectif n’est pas de devenir sûr·e de soi tout le temps. C’est de pouvoir sortir de scène en se regardant avec un peu plus de justesse. De voir ce qui a existé, ce qui a été tenté, ce qui a été offert au jeu, au lieu de ne retenir que ce qui n’a pas marché.
Vous vous jugez souvent après vos impros.
Vous passez beaucoup de temps à vous remettre en question.
Vous avez tendance à vous effacer en scène, ou à vouloir “bien faire” au lieu de jouer.
Vous avez du mal à assumer vos choix quand ils ne sont pas parfaits.
Vous voulez retrouver le plaisir d’improviser sans pression, sans excuses, sans devoir prouver quelque chose.
Nous travaillerons sur le rapport au jugement : reconnaître les moments où l’on se surveille, où l’on se dévalorise, où l’on abandonne son jeu avant même de lui avoir laissé une chance.
Nous jouerons des scènes où l’enjeu ne sera pas de réussir, mais d’assumer : entrer, proposer, rester visible, continuer même quand on doute, et soutenir ses choix au lieu de les retirer dès qu’ils semblent fragiles.
Nous travaillerons aussi avec l’erreur : ne pas la cacher, ne pas s’excuser immédiatement, ne pas sortir de la scène pour se juger, mais apprendre à s’en servir comme d’un appui de jeu.
Nous reviendrons enfin à une question simple : qu’est-ce qui me permet de sortir de scène avec plus de justesse sur ce que j’ai fait, au lieu de tout résumer à “c’était nul” ?