Les connaissances en histoire de la musique remettent en perspective l’interprétation musicale, mais aussi la manière dont les œuvres sont appréhendées comme entités historiques. Au-delà de ses limites intrinsèques, l’imaginaire de la reconstitution pourrait bien restreindre notre abord des musiques du passé et de la dynamique même de l’historicité.
Face A – par Camille Lienhard
L’historicité de l’œuvre musicale engage moins la saisie d’un état originel que l’interaction avec le présent. Le cas de l’esthétique d’Antonio Vivaldi en présente une trajectoire exemplaire : diffusion européenne, fécondation de l’écriture orchestrale classique, relectures indirectes au XIXᵉ siècle, interpénétrations dans les musiques populaires et électroniques du XXᵉ siècle, jusqu'à une paradoxale sur-authenticité de certaines pratiques historiquement informées.
Face B – par David Christoffel
Les enregistrements des musiciens du passé sont des traces précieuses pour les mélomanes d'aujourd'hui. Mais à quel titre ? En pointant les apories des pratiques historiquement informées (tant sur des enjeux expressifs – tel que le vibrato par exemple – que sur des questions organologiques), nous chercherons à préciser la part réellement historique des productions contemporaines d'inspirations anciennes.