Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ? se demandait l’historien Jacques Le Goff. En musique, la périodisation est le résultat d’une stratification spécifique qui doit aussi se lire au travers de ses impensés.
Face A – par Camille Lienhard
« Classique », « romantique », « moderne » : l’isolement relatif de la musicologie a favorisé des découpages simplistes du répertoire du XVIIIᵉ au début du XXᵉ siècle, au prix de confusions esthétiques durables. Ces périodisations appellent pourtant une mise en perspective avec celles qui opèrent dans les autres arts : néo-classicisme au tournant du XVIIIᵉ et du XIXᵉ siècle, réalisme, impressionnisme et symbolisme dans l’après-romantisme. Enfin, la notion de musique moderne mérite d’être reconsidérée à partir d’une distinction entre modernité et modernisme.
Face B – par David Christoffel
La musique ancienne est une invention moderne. Pourquoi et comment parle-t-on de Bach, Haendel et Mozart au XIXᵉ siècle ? Dans quelle circonstance Monteverdi est-il constitué en inventeur de l’opéra au XXᵉ siècle ? Les évolutions du canon musical ne sont pas toujours congruentes avec les évolutions du langage musical. D’ailleurs, combien de fois le mot « baroque » a-t-il pu changer de sens ?