La galerie Eva Vautier, créée en 2013 par la fille de l'artiste Ben Vautier, tisse des liens entre des générations qui ont marqué l’histoire de l’art contemporain, partant de l’École de Nice et du mouvement Fluxus jusqu’à nos jours. Elle représente avec la même intensité artistes émergents et de réputation internationale. La galerie porte une importance particulière au soutien et à la promotion des femmes. Son espace est divisé en un lieu d’exposition temporaire et un showroom proposant, entre autres, les publications et multiples d’artistes qu’elle édite.
L’exposition proposée « Strike the Set » de Florian Pugnaire est construite autour de Catenae, son dernier film produit en 2025 avec le Centre Wallonie Bruxelles (Paris) et Botanique (Bruxelles). Le projet Catenae s’intéresse aux traces et aux artefacts résultant d’un processus artistique, ainsi qu’à la question de leur conservation, de leur résistance face à l’écoulement du temps. La notion d’exposition est à la fois le point de départ et la finalité du projet, dans une réflexion sur la fabrique des ruines, où l’acte de création et l’acte de destruction se confondent.
Diplômé en 2006 de la Villa Arson (Nice), Florian Pugnaire a poursuivi ses études au Fresnoy (Tourcoing). L'artiste porte une attention particulière à la notion d’atelier comme lieu de la pratique, mais aussi comme lieu de fiction, un entre-deux où la finalité du travail n’est pas encore définie et où tout peut encore être inventé ou modifié. Il manifeste un intérêt pour le processus de fabrication et de création, et situe son travail dans un espace intermédiaire entre l’atelier et le lieu de l’exposition. Il travaille sur le matériau, le temps et l’espace contenu dans l’acte de création.
Atelier de Franck Saïssi
Artiste invité en 2025 à Pareidolie, présenté par Hélène Fincker, directrice de La Maison Abandonnée-Villa Cameline.
Son œuvre explore les architectures en cours de disparition, l’invasion de structures industrielles, la fragilité de l’existence. Formé à l’École Émile Cohl (Lyon), aux Beaux-Arts de Carrare (Italie) puis aux Ateliers des Beaux-Arts de Paris. Il poursuit une recherche picturale rigoureuse axée sur l’effondrement des espaces, qu’ils soient de l’ordre de la sphère privée, des territoires publics, ou de la mémoire collective.
De ses études d’Art, il retient tout autant une approche picturale exigeante, humble, qu’un certain esprit de révolte. La peinture et le dessin sont pour lui des moyens de déranger, de remettre en question, d’approfondir une forme de connaissance de soi et du monde.
Installé à Nice depuis la fin des années 1990, il
dessine sur des livres trouvés au détour des rues, incomplets ou dégradés, et sur
des cartes marines anciennes. Dans son atelier, il peint
à l’huile sur de grands formats, où il mêle architecture, perspectives et matières, dans des séries en rapport avec la mémoire, la perte de repères.
"Je dessine sur des pages de livres depuis la fin des années 90. A la recherche d'imprimés de plus grands formats pour mes dessins, j'ai trouvé un jour un lot de cartes marines chez un libraire en Normandie. Les cartes, qui avaient servies sur des bateaux de commerce de la fin du 19e siècle jusqu'au milieu du 20e, étaient dans leur jus : traces de pliures, taches, déchirures, mais aussi annotations des navigateurs, calculs de trajectoires... Il m'a semblé naturel de trouver des sujets qui faisaient écho à leur histoire : la mer, la navigation, l'écologie maritime."