Adrien Pallot & Camille Delvecchio :
crédit photo : Lou Lavette, Antoine Pirotte, Pauline Doméjean
On estime que de qui traverserait l’horizon des événements on ne percevrait plus qu’une image figée. D’au-delà la lumière ne saurait revenir, prise au piège d’une telle attraction que même sa vitesse, pourtant indépassable, ne suffirait pas à l’en délivrer. Au-delà le temps cesse et laisse à sa lisière, pour nous qui l’habitons, des images ultimes à garder en mémoire.
Entre Björk et Eliane Radigue, de productions chorales en longues plages méditatives, « A l’horizon des événements » explore les confins de la présence et de l’espace. Sur la trace du souvenir les ordres de grandeur s’y mêlent et s’y confondent. L’intimité d’un chant laisse soudain la place aux oscillations lentes des sinusoïdes. Une viole de gambe accompagne aussi loin qu’elle le peut. A nouveau une voix habite le silence et puis reprend le cours implacable des ondes vers un lieu où finir ce qui a commencé.
Pour ne pas s’égarer dans ce voyage sensible, Adrien Pallot a su s’entourer
d’adjuvants et de proches. Camille Delvecchio et Clément Variéras l’ont rejoint dans sa quête, la première à la voix, le second à l’archet. En quatre titres les argonautes nous enseignent qu’ensemble on peut revenir de loin.
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Yirji :
crédit photo : Baptiste Clipffel
À vingt-quatre ans, Yirji s’est déjà beaucoup cherché. Du cinéma, à la musique, en passant par ses études en écriture théâtrale, il entremêle ses inspirations variées à travers des morceaux colorés, tantôt exaltés, tantôt résolument mélancoliques.
Le jeune homme, installé à Bruxelles depuis 2018, accorde une attention toute particulière aux textes, car c’est d’abord à travers eux qu’il s’est vu tomber amoureux de la musique : d’Odezenne à Disiz en passant par les Strokes, ses influences multiples dressent le portrait d’un jeune passionné, aussi curieux que créatif.
En 2025, il fait partie du top 10 de la sélection du Pernod Ricard Live et participe à la demi-finale du “F dans le texte” à Bruxelles. Yirji bénéficie aujourd’hui également du soutien de la SABAM ainsi que du suivi du Studio des Variétés de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
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Benoît Fleury
crédit photo : François Feydi
Benoit Fleury est un ingénieur du son passé par Louis Lumière, mixeur (Canine, Natalia Doco, Geagea, Rouquine..) et enseignant (Louis Lumière, 3iS). Dans un renouvellement incessant de sa pensée et de sa pratique, Benoit valorise des approches collective et collaboratives du mix.
Premier invité de cette saison chez Materials, nous avions parlé de philosophie du mixage, de rapport au son et de l’interconnexion des pratiques de l’amitié avec la manière dont résonne la matière sonore.
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L’entretien :
Émilie Daelemans
crédit photo : Axel Lempérière
Émilie Daelemans est une ingénieure du son mastering et musicienne française. Passée par la cabine de Josh Bonati à New York puis aux studios Ferber, elle est désormais installée à Maisons-Alfort où elle masterise entre autre Bonnie Banane, Flavien Berger, Babysolo33 ou Agar Agar. Émilie est également la moitié du groupe Lianor, qui a sorti son premier disque en 2025, « come meet me at Buisson Road ».
Reçue chez Materials pour l’épisode 2, nous avions abordé sa conception du mastering, son rapport au bruit et au silence, et les portées des sonorités dans son écoute.
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L’entretien :
Franky Gogo
crédit photo : Julia Andreone
Franky Gogo est un·e artiste pluridisciplinaire : producteur·ice, musicien·ne, comédien·ne, militant·e queer et performeur·euse. Iel sort un EP nommé « Fast and too much » en 2020, suivi par un album en 2023, « Fist (Fight Back) » chez [PIAS]. Sa musique est dansante, physique même, et est nourrie par les contrastes, les dissonances qui font son regard sur le monde, sans jamais se départir d’une certaine mélancolie. Pour son activité de comédien·ne, iel figure entre autres dans les pièces de Marcus Lindeen, « La trilogie des identités ».
Reçu·e chez Materials pour l’épisode 5, iel nous a parlé des injonctions, de la normativité de genre comme de la musique, et nous a partagé son parcours et ses perspectives politiques dans l’art.
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L’entretien :
Adrien Pallot
crédit photo : Chloé Tocabens (Adrien seul)
Ingénieur du son mastering, réalisateur et musicien, Adrien Pallot est une figure discrète mais incontournable de la scène contemporaine française. Il a notamment réalisé les albums de Grand Blanc, accompagné Thomas Azier, et masterisé des albums de Angèle, November Ultra ou encore des bandes-son de film comme « Le règne Animal » ou « Mars Express ». Son dernier disque, « A l’horizon des événements », est une traversée silencieuse et processionnaire d’un paysage lentn vers l’horizon. Il viendra l’interpréter avec Camille Delvecchio, compositrice et notamment chanteuse du groupe Grand Blanc.
Reçu chez Materials pour l’épisode 6, nous avions échangé autour de son rapport à la littérature, à la poésie et sa pratique de la musique entre sacralisation de l’instant, et mise en valeur de la fragilité.
L’entretien :
Agnès Gayraud
crédit photo : Vincent Ferrané
Agnès Gayraud est une philosophe, journaliste et musicienne française connue sous le nom de La Féline. Agrégée de philosophie, professeure aux Beaux Arts de Lyon, mais aussi journaliste et musicienne, elle conjugue un regard théorique et philosophique sur la musique et une pratique sous son nom d’artiste avec d’ores et déjà quatre albums sortis dont « Tarbes » (chez kwaidan) est le dernier en date. Elle a aussi un groupe (avec Mondkopf), GRIVE, dont le premier album est sorti il y a un an (après un EP). Agnès publie un livre important en 2018 chez les Éditions La découverte/la rue musicale, « Dialectique de la pop », où elle affirme que la pop est un art musical à part entière qui possède ses codes, son langage et ses références propres.
Reçue chez Materials pour l’épisode 7, nous avons discuté de sa pratique de la philosophie, de son lien avec la musique et de ses perspectives sur le futur de la musique structurée en industrie.
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L’entretien :
Lola Levent
crédit photo : Rebekka Deubner
Lola Levent est journaliste, poète, manager, directrice artistique et créative, activiste féministe dans l’industrie musicale mais aussi chercheuse sur les liens entre art contemporain et rap. Elle a par exemple travaillé avec des artistes plasticiennes et comédiennes sur des installations autour de la figure d’Antigone où sa poésie se mêle au tout pour prendre sa place. Quoi de mieux pour parler du rapport au texte, de l’écriture dans le tout ?
Reçue pour le neuvième épisode de Materials, nous avons pu aborder sa pratique de la poésie, sa traversée de l’industrie, son rapport à la culture visuelle et au rap.
Louisa Yousfi
crédit photo : Daniele Molajoli
Autrice, journaliste et critique littéraire, Louisa Yousfi publie en 2022 « Rester Barbare » (La fabrique) dans lequel elle emprunte la figure du barbare à Kateb Yacine pour dessiner un autre destin aux Noirs et Arabes de France, celui d’un amour résolument hostile aux attaques de l’empire. Elle convoque Booba, PNL, Toni Morrison ou Chester Himes pour se défendre avec fierté, et ainsi retrouver la « profondeur historique » qu’il y a en chacun de nous. Le 20 février elle poursuit son travail sur le mythe qu’elle évoquait dans l’ouvrage collectif « Contre la littérature politique » (La Fabrique, 2024) avec son nouveau livre qui paraît aux éditions La Fabrique et se nomme « La grande méthode », écrit entre Paris et Rome durant sa pension à la Villa Médicis en 2024-2025. Figure majeure du militantisme décolonial et du média Paroles d’honneur, elle participe à la revue « Nous » et aux différentes émissions du média sur youtube et sur twitch.
Reçue pour le dernier épisode de la première saison du podcast Materials, elle vient développer la figure de la barbarité également comme un impératif esthétique, et comme un contre-récit à opposer à l’empire. Un grand récit pour lequel on ne peut chercher qu’une grande méthode.