Mettre en scène Orphée aux Enfers, c'est chercher un esprit d'impertinence, s'amuser à détourner, rire de tout, à transformer la mort même en carnaval. Une vraie comédie déjantée, parlée et chantée ! Le jeu d'acteur passe du burlesque le plus assumé à des moments de grâce suspendus qui nous rappellent quel fin musicien était Offenbach. On retrouve des airs connus de tous, comme le si célèbre Can-Can. Chorégraphique, ciselée, toujours rythmée, la mise en scène se déploie dans un visuel coloré et décalé, entre moderne et intemporel, sur trois tableaux : la Terre, l'Olympe, et des Enfers imaginaires, où l'on rencontre des Dieux et créatures aussi fantasques qu'attachantes.
Imaginez un Orphée qui, au lieu d'être l'incarnation de la tragédie antique, est un mari las de son Eurydice frivole et capricieuse, avec qui il se dispute sans cesse. L'une a son amant, l'autre sa maîtresse, mais pour Orphée, il ne serait pas de bon ton de se séparer. C'est pourquoi, lorsque Eurydice meurt d'une morsure de serpent, au lieu de pleurer, Orphée se réjouit, le voilà libre ! C'est alors que l'Opinion Publique apparaît, incarnée, et lui ordonne d'aller implorer le Dieu Jupiter de retrouver sa femme.
Au fil de situations absurdes, quiproquos et improbables intrigues amoureuses, tout se termine dans un joyeux désordre où l'on rit franchement, et dont les mélodies restent en tête longtemps après le baisser de rideau.