Accroître en nous des liens d’amitié : telle est l’idée à l’origine de cette parade. Oui, il faut se donner les moyens de favoriser nos amitiés, de les enraciner plus largement sur le territoire où l’on vit, dans la vigueur de nos énergies et de nos convictions. Notre attachement est trop vif pour que nous demeurions reclus.
Une parade est avant tout un temps fort. Marcher ensemble, sous les mêmes couleurs, réunit d’excellentes conditions pour fortifier les liens d’une communauté d’hommes et de femmes ayant les mêmes appartenances.
Défiler, c’est le temps ensemble qui nous est donné plus intensément. Une journée côte à côte compte davantage que quelques heures de tête à tête. C’est se dépouiller de l’accessoire — le bruit mondain, le costume de convention, le folklore déjà vu — pour aller vers l’essentiel : le visage, le pas, le drapeau.
Défiler, c’est l’effort commun. Cela conduit à la sympathie au sens ancien : sym patheia, souffrir et tenir avec l’autre. On ne vient pas consommer un spectacle. On forme le corps.
Défiler, c’est s’approprier un territoire. Vivant en Alsace, c’est en Alsace que nous agissons. Nos racines puisent dans un sol ancien : cathédrale, villages du Kochersberg, Route des vins, Outre-Forêt, Sundgau. Le patrimoine n’est pas un décor. C’est une invitation à l’honorer en le portant aujourd’hui, sans le figer.
Enfin, défiler, c’est la marche vers un but qui nous réunit par nos attachements autant qu’il nous élève par nos aspirations. Pas une tribune. Un passage dans la ville, visible, ordonné, beau.
Le thème est tout entier inscrit dans le nom : Jeunesses Alsaciennes. Notre jeunesse s’enracine dans un pays réel. Cette parade pour l’Alsace est celle de nos patries charnelles — au sens de Péguy : la terre qu’on arpente ici-bas. Un défilé pro patria, d’enracinement et de forme, non de nostalgie.
L’Alsace est une vieille terre de peuples, de langues, de frontières tenues. Chaque pays alsacien a sa physionomie. Mais une même fidélité peut les unir, comme autrefois les grands rassemblements du pays. Ce qui nous rassemble n’est pas le costume d’hier répété jusqu’à l’ennui. C’est une esthétique identitaire vive : bannières, tenues, démarche.
La Parade des Jeunesses Alsaciennes se veut fédératrice à travers l’Alsace et au-delà : elle convie ceux qui aiment ce pays, qu’ils y soient nés ou qu’ils y tiennent. Les participants se regroupent en chapitres — de dix à cinquante personnes — sous la direction d’un chef et de ses adjoints. La parade se veut un modèle de petite communauté organique dont les chapitres sont les cellules de base. Autonomie, subsidiarité, dans le respect de trois fondamentaux :
Fierté — Symboles — Identité.
Un chapitre est un ancrage pour ne pas marcher seul ni errer en promeneur. On quitte le flux anonyme de la ville pour expérimenter fraternellement un ordre commun.
Un chapitre est une enseigne, une identité. Bannières, oriflammes, Rot un Wiss portent les couleurs d’un pays, d’une ville, d’une amitié.
Un chapitre est une même voix. Pendant la parade, la vie de chapitre s’articule autour :
- du pas commun et du silence tenu quand il faut ;
- de chants du pays ;
- de la convivialité après la marche : halte, table, conversations.
Dépouillez-vous de l’esprit du monde tel qu’il se donne aujourd’hui — saturé, interchangeable, sans lieu. Enracinez et fortifiez votre appartenance. Venez marcher à Strasbourg le 21 novembre 2026.
Célebrons fièrement nos identités.