Conférence-Débat :
Le concept de précarité désigne initialement une situation marquée par l’instabilitéet la dépendance à autrui.
À partir des années 1970, dans un contexte de montée du chômag, il s’élargit pour qualifier un phénomène social structurant : une transformation des formes d’emploi et d’organisation du travail (Castel, 1995 ; Linhart, 2005), ainsi qu’un processus de disqualification sociale (Paugam, 1991).
La précarité renvoie également à une expérience vécue (Lhuillier et al., 2024), traversée par des ruptures, des recompositions et des tensions, tant professionnelles qu’identitaires. Certaines approches définissent la précarité comme un état global et homogène qui pourrait être pris en charge par des dispositifs d’insertion.
Mais concevoir la précarité comme une catégorie comporte des risques : invisibilisation des trajectoires singulières, renforcement des assignations, et réduction des marges de manœuvre des personnes accompagnées.
Comment une approche en termes de précarités, plurielles et en mouvement, permettrait au psychologue du travail de se saisir de la complexité – et de la richesse – des expériences vécues afin d’ouvrir les possibles ?
C’est ce que nous vous proposons d’envisager ensemble à partir du témoignage de notre intervenante.