Rumore, cuore batticuore, chante Raffaella Carrà.
Un bruit, le grondement d’un soulèvement, et la déferlante effervescence d’un spectacle construit à la façon d’un cabaret. La Brigata Malatesta, montée par le Maestro Francesco Forlani, écrivain, philosophe et metteur en scène à ses heures, déborde d’une saine énergie. Toutes générations confondues, venus en nombre de Naples, d’Espagne, de Serbie, de Belgique, de France et de Navarre, les jeunes acteurs et actrices de la Compagnie ont des profils divers et variés. Professionnels et amateurs, chanteurs, danseurs, musiciens et acrobates se retrouvent pour inventer un spectacle qui s’inscrit sous le signe de l’insoumission comme le suggère le nom de la troupe, hommage à l’anarchiste Errico Malatesta, figure légendaire connue pour ses évasions spectaculaires, et qui a occupé au début du siècle dernier une place importante dans le Mouvement libertaire international.
« Commençons par dire que la révolution, nous ne pouvons pas la faire seuls et que, le fourmillement nourrit la révolution, il ne serait pas désirable que nous la fassions seuls. […] il nous faudra donc agir de concert avec toutes les forces progressistes existantes, avec tous les partis d’avant-garde et attirer dans le mouvement, soulever, intéresser les grandes masses, laissant la révolution, dont nous serions un facteur parmi d’autres, produire ce qu’elle pourra produire »
Mais qui est donc cette Raffaella Carrà, qui nous occupe, nous titille, nous intrigue ?
Icône, modèle de révolution pour les femmes qui l’écoutent, le spectacle s’articule autour de six Raffaella, qui vont tour à tour l’incarner.
Notre Raffaella est polymorphe, de femme fatale en candide jeune fille, elle se réincarne en Sirène, elle réhabilite le chant de ses sœurs qu’aimait n’aurait même Ulysse à sa perte s’il l’avait écouté, bien au contraire il transmet la connaissance. Entre deux eaux, sur scène, elle se balance et danse sur son trapèze.
Et la voici Eva, tentatrice, qui croque la pomme à pleine dent, mais aussi Hélène qui causa la perte de Troie, Jeanne la pucelle qui finit sur le bûcher et de métamorphose en métamorphose Angela Davis, Marguerite Duras, Camille Claudel et, pour finir, Lady Gaga.
Femmes souvent bafouées mais qui luttent ou qui ont lutté pour tenir le devant de la scène.
Hola Raffaela !