DANILO :
Chez Danilo, tout est affaire de contraste. Une élégance un peu passée, mais jamais figée. Une pop francophone qui bat au rythme électronique d’aujourd’hui tout en gardant le grain chaud des synthés analo et des guitares électriques. Révélé en 2024 avec LMQR (La Mélodie Qui Reste), Danilo s’est vite fait une place dans le paysage de la pop indé, quelque part entre Daho, Belin et Baxter Dury. Des refrains entêtants, un sourire en coin, une pudeur élégante : le décor était planté. En avril 2026, Danilo nous révèle Virage, un nouvel EP disponible en vinyle chez Simplex Records. Il se dévoile autrement : plus direct, plus grave parfois mais toujours lumineux. Les chansons parlent des promesses auxquelles on aimerait encore croire, de ce que l’on perd et de ce que l’on retient, des désirs qui se fanent. Le ton change, il creuse plus profond. L’écriture gagne en précision, la production en intensité : les couleurs sont saturées, les guitares orageuses et la voix affirmée. Ce qui reste, c’est la marque Danilo : une poésie piquante, une mélancolie dansante, cette façon d’éclairer les zones d’ombre par la musique. Aujourd’hui, il avance avec une conviction simple : la pop peut encore dire l’intime. Danilo chante la fragilité comme une force, et les doutes comme un vertige à apprivoiser.
GANAFOUL :
En 1974, Ganafoul voit le jour dans un entrepôt de Givors, cité ouvrière du sud de Lyon. Au départ quintet, le groupe devient trio avec Jack Bon guitare-chant, Jean-Yves Astier basse-chant, Yves Rothacher batterie-chant (remplacé par Bernard Antoine à partir de 1977). Les répétitions entre les usines ont depuis le début inspiré le qualificatif de leur musique qui a la rudesse de leur banlieue industrielle. 5 albums sont enregistrés entre 1977 et 1981… avant de disparaître malgré quelques reformations sporadiques.
Après la sortie en 2020 de titres inédits chez Simplex Records, le groupe se voit proposer à nouveau des concerts. Les fans sont à nouveau au rendez-vous, heureux de retrouver et de soutenir Ganafoul après une si longue absence. Edouard Gonzalez-guitare (qui faisait partie de la toute première formation), Yves Rothacher - batterie, Jack Bon - guitare et chant, forment avec Luc Blackstone - basse et chant, le Ganafoul nouvelle version. En octobre 2022, le label Bad Reputation Records réédite « Full speed ahead » leur deuxième album et signe le groupe pour de nouveaux opus. Après une remise en jambes avec « Roll On », Ganafoul sort en 2025 l’excellent album « Dangerous Time ».
Le groupe réactive depuis ce boogie blues et rock hargneux qui fit ses beaux jours. Un rock sans fioriture dont la seule préoccupation est de faire passer du bon temps à son public.
ASTONVILLA:
Impossible d’évoquer Astonvilla et cette tournée aux allures de jubilé sans mettre en avant Fred Franchitti, son leader. Voix profonde, textes écorchés et sourire énigmatique, c’est son charisme qui porte le groupe depuis ses débuts en 1994. Derrière les lunettes noires, on peine à deviner le parcours multiple de ce furieux gourmand de l’existence. « Mieux vaut vivre que de se contenter d’exister » est un raccourci emprunté à Oscar Wilde qui lui va bien. Fred assume d’ailleurs son côté “El Diablo” tombé dans la marmite rock quand il avait 13 ans, en recherche d’une musique et de sensations qui fassent battre le cœur plus vite. Son handicap, il en parle peu, ou peut-être, au contraire, le chante t’il tout le temps. Ne pas être résumé à cette différence explique en grande partie ce feu qui l’anime depuis toujours, dans ses textes comme dans la vie. Il aurait d’ailleurs pu aussi être footballeur, détecté pour ses talents dès le plus jeune âge par l’ENF Vichy (l’ancêtre de Clairefontaine). Et que dire de sa passion pour la cuisine héritée de ses racines méditerranéennes. Le chanteur d’Astonvilla a accompli ce rêve de devenir cuisinier pendant 5 ans dans un restaurant à Marseille, juste avant le retour au micro pour Superspectives, inespéré meilleur album du groupe. Fred Franchitti c’est l’homme aux 1000 vies, un artiste qui suit son instinct et qui conserve cette précieuse qualité de savoir s’émerveiller. C’est ce moteur qui lui permet aujourd’hui de reprendre la route, tout en préparant déjà d’autres défis à la tête de l’ambitieux label Delco, lancé il y a 3 ans à La Rochelle pour mettre en lumière de nouveaux talents.