“The salt eaters” est une proposition d’ateliers d’écriture d'Aroun Mariadas, Myriam Rabah-Konaté et Maaï Youssef en mixité racisée, donnés au centre LGBTQIA+ de Marseille, à prix libre et sur inscription ici. Par personne racisée, nous entendons une personne non-blanche, objet de racisme systémique et/ou sujet de l’immigration coloniale ou postcoloniale.
« Les histoires sont importantes. Elles nous maintiennent en vie. Dans les bateaux, dans les camps, les quartiers d’esclaves, les champs, les prisons, sur la route, en cavale, dans la clandestinité, dans la bataille, dans l’angoisse ou au bord du drame, le conteur nous rattrape et nous retient, car nous voulons entendre le prochain chapitre. Dont nous sommes les personnages. Nous, les héros de ces contes. Nos vies ainsi conservées. Comment c’était ; comment ce sera. Passer le relais. Voilà ce que je veux faire : produire des histoires qui sauveront nos vies. »
Citation de Toni Cade Bambara, extrait de « Salvation Is the Issue » parue dans le recueil Black Women Writers at Work, 1950-1980 en 1984
The salt eaters, titre d’un roman de Toni Cade Bambara, nous donne envie de plonger avec vous dans des écrits d’auteurices minorisées et non-blanches dont les récits résonnent particulièrement avec nos vies, nos expériences et nos imaginaires. Dans ce livre, il est question de luttes noires et féministes, de soin et de guérison, de transmission, de mémoire et de communauté. Mais aussi de fatigue, de désillusions, de joie et de la difficulté à lutter sans se perdre soi-même. C’est dans ces différentes tonalités, ces différents espaces que nous souhaitons écrire ensemble.
Écrire à partir de ce qui nous traverse intimement. Partir de ce qui nous habite au quotidien : une musique, un roman, une image, une odeur. Écrire à partir de ce qui vous pose question, de ce qui suscite en vous du mouvement, de l’indiscipline et du souffle. Faire circuler des mots, des voix et des mondes.
Cet espace d’écriture permettra de déplier nos vécus, de se rencontrer, s’amuser, de lire ensemble, d’échanger et de faire fleurir des idées. A partir d’exercices “brise-glace”, de pratiques respiratoires ou encore de lectures chorales, nous vous partagerons nos outils pour s’ancrer et se situer dans l’écriture, pour trouver son rythme et sa voix. Les ateliers croiseront nos différentes pratiques et sensibilités et seront parfois co-animés.
L’atelier est ouvert aux personnes qui n’écrivent pas ou peu tout comme à celles qui ont déjà une pratique d’écriture - quelque soit le style. Les séances auront lieu au centre LGBTQIA+ de Marseille tous les 4ème mardis du mois de 18h à 21h (sauf exception) sur inscription (prix libre).
A propos des intervenant.es
Aroun Mariadas est animateur d’ateliers d’écriture, poète, performeur, chroniqueur radio. Il anime un atelier Témoignages au sein d’un projet en santé mentale situé à Marseille (CoFoR). Il a publié des textes et interviews dans plusieurs revues (La revue de l’Inde, AssiégéEs, What’s afghan punk rock anyway), ouvrages collectifs (Rose canine et griffe chromée) et fanzines (It’s been lovely but I have to scream now, Rompre sans casser, Ruptures). Il a participé à la traduction du roman Stone Butch Blues écrit par l’activiste trans, Leslie Feinberg et a monté une association d’ateliers d’écriture “Transtextuel” avec comme projet d’animer des ateliers pour et par des personnes trans, non-binaires, en questionnement.
Myriam Rabah-Konaté est documentariste sonore, danseuse, autrice et traductrice. Elle a produit plusieurs documentaires pour France Culture, notamment
Ce qui disparaît. Cartographie d’une nostalgie du 93 et
Maryse Condé en sororité. Au fil des pages, des gestes, des invisibles. Collaboratrice de longue date de l’artiste Nezha Rhondali, elle développe avec elle des projets artistiques pluridisciplinaires entre la France et le Maroc. Elle a coécrit le livre jeunesse Le Nil, fleuve des pharaons et cotraduit Non-noyées. Leçons féministes Noires apprises auprès des mammifères marines d’Alexis Pauline Gumbs. Elle anime très régulièrement des ateliers de danse, d’écriture, de création sonore et de cartographie sensible dans des contextes éducatifs, sociaux ou culturels.
Maaï Youssef est autrice en fiction et non-fiction narrative, sociologue et politiste, spécialiste de la contestation dans les mondes arabes. En 2023, elle coécrit une correspondance-essai, intitulée Lettres d’hiver, lettres d’été. Écrire la maternité (éditions Belfond). En 2025, elle contribue à l’ouvrage collectif De mères en filles, dix récits de transmission féministe à l’ère de #metoo (éditions Solar). Maaï Youssef écrit pour diverses revues littéraires et publie une newsletter sur la plateforme Substack, Sabbah un cabinet de curiosités. En 2026, elle crée et anime le cycle d’ateliers d’écriture “Décoloniser la poésie”, qui met à l'honneur les productions littéraires d'auteurices contemporain.es racisé.x.es. Elle explore comment les pensées féministes et queer, décoloniales et intersectionnelles irriguent leurs gestes d’écriture.