S’il fallait trouver un sujet insolite d’exposition, nul doute que la nouvelle exposition de l’Antiquaille pourrait concourir.
Son sujet porte sur une partie « très originale » et cachée du mobilier religieux: les miséricordes des stalles de chœur.
Petites sellettes sous le siège des stalles, visibles seulement lorsque celui-ci était relevé, elles étaient à l’origine à usage purement pratique et fonctionnel, une véritable « trouvaille technologique », dirait-on aujourd’hui. Un « gadget » de confort, un appui-fesses mais oh combien utile pour les moines dans les abbayes qui se sont multipliées à travers l’Europe, lors du 1er millénaire. Taillées dans la masse du siège, elles permettaient aux moines de s’appuyer discrètement pendant les longs temps consacrés à la prière et au chant en position debout. En fait, la miséricorde était une « concession » accordée à l’origine aux moines âgés ou infirmes mais leur usage s’est étendu à toute la communauté et également aux chapitres de chanoines.
Art sur bois et histoire se rencontrent dans cette exposition qui est consacrée aux miséricordes en France (XV et XVI èmes siècles) et au seul thème profane (sous les fesses des moines on ne représentait pas Dieu).…On passe de la vie quotidienne aux métiers, des musiciens au vin …sans compter la satire et les proverbes toujours d’actualité …jusqu’à des sujets plus coquins... En bref, un formidable témoignage de la vie médiévale, le véritable journal illustré d’une époque sculpté sur bois.
C’est cette passion que Patrick Buré veut transmettre au visiteur. Amateur d’art et de photographie, il est membre de l’association internationale ICONOstalla Misericordia international . Depuis plus de vingt ans, il sillonne la France et l’Europe de l’Ouest « à la recherche des miséricordes ».