Si le nom d’Andy Warhol évoque immédiatement les sérigraphies et les portraits de célébrités, son œuvre dessinée occupe une place essentielle dans sa pratique artistique. L’exposition "Andy Warhol. La ligne et l’image" révèle combien ce médium, loin d’être accessoire, accompagne l’ensemble de sa carrière.
Formé à l’illustration, l’artiste n’a jamais cessé de dessiner, y compris après l’adoption des procédés mécaniques qui ont marqué son travail. Le dessin apparaît ainsi comme un lieu d’expérimentation constant, où se construisent les images et se déploie une pensée visuelle singulière.
Regroupant 150 dessins, le parcours s’articule autour de cinq sections thématiques : débuts comme illustrateur publicitaire, importance de l’écriture manuscrite, fascination pour les visages et les masques, iconographie gay longtemps restée confidentielle et réflexions sur la mort, devenue une obsession après l’attentat de 1968 qui a failli lui coûter la vie. Autant de pistes qui invitent à reconsidérer l’ensemble de l’œuvre de Warhol à partir d'un dialogue entre geste et reproduction, entre main et machine.
D’un premier Autoportrait daté de 1942 aux dessins à l’acrylique pour La Dernière Cène en 1986, en passant le portrait de Mao en 1973, la production dessinée de Warhol est abondante, variée et introspective (portraits, caricatures, scènes de genre, illustrations publicitaires, portfolios autopromotionnels).
Par le dessin, Andrew Warhola devient Andy Warhol.