Erich Przywara (1889-1972). L’échange. Métaphysique créaturelle. Théologoumène espagnol. Mystère nuptial
Conférences de la Chaire de métaphysique Etienne Gilson de l’ICP, par Emmanuel Cattin, Professeur de métaphysique à Sorbonne université
La pensée d’Erich Przywara, d’un accès rendu difficile par sa langue absolument personnelle, pourra-t-elle encore nous atteindre ? L’ampleur extraordinaire de son regard a accompli, et indiqué aux plus grands, d’Edith Stein à Hans Urs von Balthasar, l’immense tâche de décrire le Rapport de l’être, considérant tout autant, en elle, la nécessité de penser la tradition en laquelle celui-ci fut avant nous recueilli et à nous transmis. Contemporain presque exact de Martin Heidegger, Erich Przywara selon son chemin propre doit être placé, conformément à la mesure qui est la sienne, en regard du penseur de l’Ereignis, lorsqu’il chercha à penser, sur la voie d’une autre « réduction » — la reductio in mysterium, où le concept entre dans le mystère et se trouve saisi, entouré par lui —, le sens d’être de tout étant et de l’humanitas selon la « tension », le « flottement », le « rythme » de l’être lui-même sous la Majesté de Dieu. Se tenir sous une telle Majesté ouvre à la créature l’immensité de son service, qui est l’immensité de sa provenance, l’immensité de l’amour. C’est lui, un tel Amour, qui se révèle comme le sens le plus haut pour « être » et, selon le rapport absolument constituant de l’Ancienne et de la Nouvelle Alliance, pour la créature « homme » et le déploiement apocalyptique de son histoire, de notre histoire.
Erich Przywara, quoique toujours à nouveau ignoré par lui, conformément à la solitude finale qui fut la sienne, fut pourtant, en beaucoup de sens, le penseur de notre temps.
Informations pratiques :
- Evénement sur inscription obligatoire, uniquement en présentiel
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