Sollazzo | La dolce vista
14h30 | Dambach-la-Ville | Chapelle Saint-Sébastien
De son vivant déjà, Francesco Landini bénéficiait d’une renommée telle qu’il était devenu presque un mythe : on racontait qu’il était capable de faire cesser le chant des oiseaux en jouant de son petit orgue portatif, il était célèbre pour sa poésie, pour ses idées et ses vues sur le monde. Sa musique était la plus répandue dans sa ville de Florence, et elle était tellement variée qu’elle plaisait à toutes les couches sociales, de la noblesse aux confréries religieuses et populaires qui défilaient dans les rues, en passant par une classe moyenne puissante et cultivée.
Francesco avait seulement cinq ans lorsqu’il perdit la vue, la vista. Paradoxalement, ses textes sont très descriptifs, les yeux y formant une sorte de leitmotiv. L’évocation de la lumière et des couleurs sont récurrentes… symboles ou rêves inaccessibles d’un poète aveugle ? Landini nous laisse un répertoire riche, ou l’on devine une personnalité complexe et forte, dont ce concert trace le portrait.
avec Carine Tinney – voix | Roger Helou – organetto | Anna Danilevskaia – vièle
Leones | Le monde selon Zacara
18h | Sélestat | Église Sainte-Foy
Atteint de nombreux handicaps, comptant dix doigts au total sur les deux mains et les deux pieds, le bras gauche en écharpe, les pieds déformés, c’est à cet homme mystérieux, maître enlumineur de son métier, que nous devons certaines des chansons les plus merveilleuses, innovantes et étranges de la fin du Moyen-Âge. Cinquante ans après sa mort, ses compositions étaient encore considérées comme des “oracles”, et pas seulement en raison des proportions complexes et du contrepoint étrange de sa musique : son ton prophétique rend ses textes cryptiques, qui semblent invoquer les démons ou les enfers. Certains le considéraient comme un fou, d'autres comme un adorateur du diable. De fait, la vie et l'œuvre de Zacara da Teramo se distinguent par leur étrangeté. Non seulement son corps était marqué par les épreuves, mais son destin fut également troublé : après avoir perdu sa femme, son fils mourut en bas âge lors d'une violente révolte, et tous ces coups du sort allaient façonner son œuvre.
L'Ensemble Leones présente les folles compositions d'un compositeur influent mais encore méconnu à l'aube de la Renaissance : ami des papes et modèle stylistique de Johannes Ciconia, Zacara se révèle enfin à nous.
avec Grace Newcombe – voix | Marc Mauillon – voix | Matthieu Romanens – voix | Baptiste Romain – vièle, lira da braccio, cornemuses | Uri Smilansky – vièle | Marc Lewon – luth, gittern, citole et direction