Les cantigas de Santa Maria ou les danses du Manuscrit du Roi s’inscrivent dans une culture médiévale où la frontière entre sacré et profane n’est pas étanche : les mélodies passent de la rue à l’église, se transforment et se réemploient. D’un air de carnaval peut ainsi naître une laude, une danse peut porter une fonction rituelle. Les œuvres plus élaborées de Hildegard von Bingen, Adam de la Halle et de Philippe le Chancelier nous rappellent le lien entre l'âme et le corps par des procédés presque métaphysiques. En filigrane, les musiques de carnaval - littéralement “enlèvement de la chair” - nous rappellent que la poésie, le chant, la danse et le rythme appartiennent autant à la fête qu’à la dévotion.
avec Camille Joutard – soprano | Lou Renaud-Bailly – percussions | Mariana Delgadillo Espinoza – orgue portatif