L’AVARE DE MOLIÈRE, MILLE MÉTAMORPHOSES Conférence de Keiko Enomoto. La découverte de Molière au Japon remonte à l’ère Meiji. L’universalité de ses thèmes et de ses histoires a tout de suite parlé au cœur des Japonais, férus de théâtre. En situant les grands moments de ce transfert culturel, la Professeure Keiko Enomoto prendra comme fil rouge l’appropriation de L’Avare de Molière : traductions en japonais et en dialecte d’Osaka, mais aussi son adaptation en opéra, en bunraku (théâtre de marionnettes traditionnel) ou en spectacles contemporains.
À l’époque de Molière, le Japon s’était fermé à l’Occident, accordant seulement aux Hollandais la possibilité de commercer avec eux à Nagasaki. La fascination mutuelle des Japonais et des Français pour leur théâtre classique respectif viendra beaucoup plus tard, à l’ère Meiji. Il n’en demeure pas moins que ces formes traditionnelles partagent de nombreux points communs, tant dans les thèmes que dans la façon d’artificialiser le geste, les postures et l’expression des émotions. Si les Japonais ont conservé des pratiques patrimoniales depuis le XVIIe siècle, qui ont évolué très lentement jusqu’à aujourd’hui, les Français quant à eux doivent recourir à l’archéologie pour retrouver un art disparu.
Organisé en collaboration avec Keiko Enomoto, professeure à l'Université Otsuma Joshi de Tokyo