Dans cette comédie burlesque et cruelle, Latshek Bobitshek voit sa mère s’éteindre seule dans sa chambre. Elle réalise dans ses dernières larmes qu’il n’y aura personne à son enterrement puisque le reste de la famille a planifié le mariage de sa nièce Vélvétsia pour le lendemain. Sur le lit de mort de sa mère, Latshek lui fait alors une ultime promesse : il y aura foule d'invités pour pleurer sa disparition et ainsi prouver qu’elle a bien vécu sur cette terre. Latshek s’empresse alors d’aller annoncer la funeste nouvelle à ses cousins et les convier à ce triste évènement. Mais c’était sans compter sur l’envie de vivre de ces derniers ; il est hors de question pour eux d’annuler le projet merveilleux d’une vie pour un enterrement sordide et ils décident qu’ils pleureront la défunte tante après le mariage.
S’ensuit alors une course poursuite d’égoïsme démesuré, illustrant la violence de la guerre à l’échelle de la famille, où l’unique but réel de ces obstinations illusoires est d’échapper à cette existence vide de sens par n’importe quel moyen.
La troupe de La Mère folle est basée à Dijon. Elle tire son nom de la Compagnie de la Mère-Folle ou Infanterie dijonnaise, société festive et carnavalesque dijonnaise née probablement au cours du XVe siècle et qui prospéra jusqu'au XVIIe siècle, siècle de sa disparition. Certains auteurs la font naître en 1482 sous la plume de Jean III d'Amboise, évêque-duc de Langres, mais aussi et surtout gouverneur de Bourgogne pour le duc Philippe le Bon ; lequel avait d'ailleurs donné son accord pour une telle société en 1454. Cette hypothèse s'appuie notamment sur la place importante des fêtes et carnavals dans la plupart des villes des Pays-Bas bourguignons. La troupe que nous recevons à Givry est une digne héritière de cette histoire lointaine.